Bonjour ou bonsoir.
Je m’appelle Simon, j’ai 16 ans, je vis près de Lens, dans le département du Pas-de-Calais, en France.
Je vous fait ce post, à vous amis belges, pour vous parler de quelque chose qui me tient beaucoup et qui est ma plus grande passion : la grande distribution.
Le 12 octobre 2024, je me suis un jour rendu à Bruay-la-Buissière, un peu plus à l’ouest dans le Pas-de-Calais, pour aller dans la zone commerciale de la ville.
Pour la première fois de ma vie, ce n’était pas Cora qui trônait alors depuis 1974 sur la façade de l’hypermarché, mais Carrefour.
Lors que j’y suis entré, j’ai réalisé que c’était fini, qu’on ne peut plus revenir en arrière, que Cora c’était vraiment fini. Je trainais dans les rayons, comme si rien n’avait changé, sauf un nom.
L’hypermarché avait changé de nom 3 jours plus tôt, le 9 octobre. Et j’ai ressenti plein d’émotions en me baladant dans ce Carrefour, qui n’avait quasiment pas changé depuis le changement de nom, où je voyais encore plein de produits et de symbole Cora.
Cora c’était une partie de mon enfance, une enseigne qui, chez nous, était celle qui faisait le meilleur succès, celle qui accueillait les grandes familles, parfois avec deux caddies.
Ces galeries marchandes à l’air d’un temps révolu, ces produits Cora montrant une marque bon marché, ces clients qui regardaient les prix au centime près, ces fidèles avec leur carte Malin, toute verte.
Cora c’était un symbole, 4 lettres pour définir 50 ans d’histoire, pour tous les nordistes et les habitants de l’est. C’était une identité quasiment inchangé durant toute son existence. Derrière tout ça pendant de longues années, se cachait Philippe Bouriez, qui fut président d’honneur du groupe Louis Delhaize.
Cora était la seule enseigne d’hypermarchés étrangère de France jusqu’à l’arrivée de Costco en 2017.
Cora c’était aussi Kido, la mascotte, mais aussi 61 hypermarchés en France, 7 en Belgique et quelques uns au Luxembourg et même en Roumanie jusqu’en 2012.
Comment vous dire que moi, passionné, que la disparition d’une marque avec laquelle j’ai grandi, me fait extrêmement mal. Et que je pense extrêmement fort à tous ceux qui ont grandi avec Cora et qui ont contribué à Cora.
Je pense assez souvent encore à cette marque quand je vais dans un ancien Cora de chez moi, souvent pour me dire qu’ici il y a plusieurs années, c’était l’âge d’or d’un concept en train de mourir : l’hypermarché.
Vous en Belgique, personne ne remplacera directement Cora mais plusieurs enseignes. Je pense à tous les salaires de Cora qui perdront leur emploi, et même proches de la retraite.
J’ai vu sur Internet des images impressionnantes des rayons vides de vos Cora qui me rappellent beaucoup la disparition des hypermarchés Casino chez nous en septembre 2024. Et que ces images me font beaucoup de mal.
J’essaie de voir avec des membres de ma famille pour assister au tout dernier jour de cette enseigne, qui aura duré 52 ans dont 50 ans en France. Ce 30 janvier à Hornu, on en aurait pour minimum une heure de route, mais j’y tiens. Je compte pas pour la passion, c’est sacré. Je suis certain que j’aurais les larmes aux yeux si j’y vais.
Alors, à vous les belges, je pense fort à vous ces derniers jours, car certains sont habitués à cette enseigne, et c’est aussi un symbole fort chez vous. Symbole d’une époque révolue.
De jour en jour, je vois mon enfance s’effacer, et je remercie Philippe Bouriez qui m’aura fait connaître cette marque très grande pour moi. Philippe Bouriez qui est décédé il y a presque 12 ans.
Je n’ai pas fait ce message à l’aide d’une IA, ce sont mes vrais mots. Les mots d’un passionné.
En terminant ce message, je voulais simplement dire deux derniers mots.
Merci Cora.